Enivré par le succès de son opération militaire au Venezuela (dont il compte bien piller les ressources), Donald s’est aussitôt attaqué à un autre objet de convoitise : Le Groenland et ses richesses supposées. Le président américain l’a dit : Il veut un titre de propriété…
La possession est factuelle. Plus précisément, il s’agit d’un fait social. La propriété, elle, est un fait légal. Plus précisément, c’est une institution légale. Mais comment sont apparus ces deux concepts ? Petit scénario imaginé par votre humble serviteur(e).
Au commencement, il y avait le territoire. Le territoire est un espace de vie, animale ou végétale, où l’espèce trouve toutes les ressources nécessaires à sa survie. L’espèce humaine, en particulier, s’est déployée sur la planète, s’adaptant à toutes sortes de territoires. Il y a 10000 ans environ, les humains vivaient encore dans un état de nature, c’est à dire un état de grande liberté. Regroupés en clans, ils occupaient des territoires suffisamment grands pour s’y nourrir. Le concept de possession leur était inconnu. Mais la multiplication des groupes humains et de leurs besoins, a eu pour conséquence l’émergence de conflits de territoire, chacun défendant celui qu’il occupait.
Cette défense acharnée du territoire par des groupes installés de longue date, dotés d’armes et fins connaisseurs des lieux, a dissuadé les groupes rivaux de s’y installer. Tacitement, les groupes sociaux ont accepté le fait que certains territoires étaient occupés par d’autres individus et qu’ils n’y étaient pas les bienvenus. Eux-mêmes n’avaient plus qu’à s’installer sur un territoire inhabité et le défendre. La possession était née, en tant que réalité de facto, entérinée par les différents groupes sociaux en raison de sa simple existence.
De la possession à la propriété
Dans certaines régions peu densément peuplées, les choses en sont restées là. On pense aux indiens d’Amérique dont les tribus possédaient de fait d’immenses territoires, ignorant le concept de propriété, parce qu’il n’était tout simplement pas utile à leur mode de vie. Ailleurs, où la culture de la terre s’est développée par la force de la nécessité, et où elle a fourni l’essentiel de l’alimentation, la vie s’est organisée autour de petits champs et non de vastes territoires. La matière « terre » est devenue un bien précieux, dont la possession était convoitée. Mais comment défendre sa terre, sa possession, tout en la cultivant ? Seule solution : Abandonner la protection de son bien à une instance supérieure coercitive, en échange d’une taxe pour service rendu. La propriété, garantie par l’état, était née.
Le Groenland n’est pas une possession du Danemark, encore moins une propriété. De nos jours, les territoires ne sont plus des morceaux de roche cessibles moyennant finance. Les territoires sont des espaces de vie pour des êtres humains qui ont des libertés et des droits sur la terre qu’ils occupent. Le temps du colonialisme est révolu Mr Trump ! On n’achète plus la Louisiane et ses esclaves noirs pour une bouchée de pain… ni même pour des milliards.