Andrew Mountbatten Windsor, ex-Prince Andrew. Préservé toute sa vie du poids de la monarchie, il a baigné dans les ors, le faste, et les privilèges de son rang, sans en subir le carcan. On connaît la suite. Mais était-il vraiment l’enfant préféré d’Elisabeth II ?
Question à tous les parents : Avez-vous un enfant préféré ? Vous êtes-vous seulement posé la question ? Peut-être pas, tant le sujet est tabou. Car il règne une forme de consensus social, voire une omerta collective sur la question : En tant que parent, on n’a pas de préférence parmi ses enfants, ou du moins, on a la décence de ne pas en parler ouvertement. Mais qu’est-ce que « préférer » un enfant à ses autres enfants ? Pour le comprendre, il faut s’interroger tout d’abord sur ce qu’est « aimer » un enfant.
Les humains donnent de nombreux soins à leurs petits. Ils les protègent du danger, les nourrissent, les soignent, les caressent, mais aussi les éduquent, leur fournissent une instruction, parfois une formation longue, et continuent bien souvent de les soutenir lorsqu’ils sont adultes. Est-ce cela l’amour parental ? Tous les besoins satisfaits, tous les sacrifices consentis, tous les problèmes affrontés, toute la patience déployée, tout le temps consacré, la fatigue accumulée, tout cela est-il la marque authentique de l’amour ? Qui sait ?
Mais la plupart des mammifères prennent également le plus grand soin de leurs petits. Les Oran-outangs, par exemple, élèvent leurs petits pendant de longues années, avant de les laisser vivre leur vie en solo. Est-ce de l’amour ? Pas certain…
Alors si tout le soin que nous prodiguons à nos enfants n’est pas « l’amour » en soi, si la somme de tous ces actes quotidien n’est pas ce que l’on nomme « l’amour », qu’est-ce que l’amour parental ? En quoi consiste-t-il ?
L’impossible enfant préféré
Il semble que l’on puisse aimer ses enfants sans en prendre soin, pour cause d’éloignement ou de séparation. Que l’on ne soit pas en situation financière, familiale, matérielle ou autre, de prendre soin de nos enfants, n’exclut pas que l’on puisse ressentir leur manque, souffrir de leur douleur, se réjouir de leur réussite, espérer le meilleur pour eux, et sincèrement, du fond du cœur, vouloir leur plus grand bonheur. Ainsi, l’amour parental ne se réduit pas aux soins donnés aux enfants, même si bien souvent les deux aspects coïncident.
Alors, qu’est-ce qu’aimer son enfant ? Peut-être n’est-ce que la forme paroxystique du sentiment d’amour. Peut-être n’est-ce avant tout que la sensation d’une douleur abyssale à l’idée de la perte de l’être aimé, à l’idée de sa mort…
Alors oui, derrière cette question taboue, « quel est notre enfant préféré ? », il y a cet interdit absolu, ce refus essentiel de répondre à une question impossible : Lequel de mes enfants garderais-je si je n’en gardais qu’un ? Lequel de mes enfants sacrifierais-je si je n’en sacrifiais qu’un ? Un choix intolérable, de l’ordre de l’impensable…
Alors, Andrew, le fils préféré d’Elisabeth ? Peut-être… Mais dans le plus profond de ses secrets.